Qui a dit qu'il fallait être un·e super-héros·ïne pour lacer ses baskets ? Rien à voir ici avec la quête de perfection, ni de performances à la Usain Bolt. Il s'agit plutôt de s'amuser (parfois de galérer !), d'essayer, de foirer et de recommencer, avec ce grain d'envie de bien faire pour soi… et pour la planète. C'est l'histoire d'une transition qui n'a rien d'un plan bien millimétré mais qui s'écrit entre un run bancal, un doute à midi, et une barre protéinée goût chocolat – et c'est peut-être ça, la vraie réussite. À travers doutes et petites victoires, on vous embarque dans un quotidien sportif et végé sans filtre, croisé d'éclats de rire, de ratés, et d'astuces qui changent tout.
Le sport sans pression : plaisir, vulnérabilité… et petits craquages (sport et alimentation)
Personne n'est obligé d'être champion du monde : le plaisir avant tout
Dans la communauté végane et végétarienne, la question du sport et alimentation revient souvent avec une pression implicite : faut-il viser la performance absolue pour être légitime ? Pourtant, la réalité du quotidien est bien différente. On peut commencer le sport à n’importe quel niveau, sans prétendre devenir un·e athlète pro. L’essentiel, c’est de s’amuser, de bouger, de se sentir vivant·e. Comme le dit si bien notre témoin :
"Je sais que je suis pas parfaite sur plein de points et voilà."
Ce rappel est précieux : l’idéalisme, c’est bien, mais la réalité, c’est mieux. Le plaisir du sport prime sur la performance absolue, surtout quand on conjugue alimentation végétarienne sportive et vie quotidienne pleine de bouleversements.
Culpabilité et vulnérabilité : le revers du régime végan sportif
Dans la communauté végane, la culpabilité est un sentiment qui revient souvent, surtout quand on flanche un peu sur l’alimentation ou le rythme sportif. Un écart, un craquage, une séance sautée… et voilà la petite voix qui s’invite : "Tu aurais pu faire mieux." Ce ressenti est d’autant plus fort chez les sportifs végétariens, qui veulent souvent "prouver" que leur régime végan sportif est compatible avec la performance.
Mais la progression n’est jamais linéaire. Il y a des hauts, des bas, des jours où l’on se sent invincible, et d’autres où la fatigue l’emporte. L’important, c’est d’avancer à petits pas, d’accepter ses vulnérabilités et de reconnaître que chaque effort compte, même imparfait.
Progression à petits pas : entre Trail, HYROX et fatigue
L’expérience réelle, loin des discours parfaits, ressemble à une succession de petites victoires et de moments de doute. Entre les séances de trail, les entraînements musclés pour l’HYROX, et les jours de grosse fatigue, la progression se construit doucement.
L’équilibre alimentaire sportif devient alors un jeu d’ajustements constants : plus de protéines ici, une recharge de glucides là, un snack plaisir quand le moral flanche. Ce n’est pas la discipline militaire qui fait la différence, mais l’écoute de soi. Comme l’explique notre sportive :
"En tout cas, je vois que ça change tout."
L’attention portée à l’alimentation, à la récupération et au plaisir du mouvement transforme l’expérience sportive, même pour les amateurs.
Discipline oui, mais écoute de soi surtout
Pour les adeptes du régime végan sportif, jongler entre protéines, glucides et apports énergétiques est essentiel pour éviter la fatigue. Après un mini malaise en pleine compétition HYROX, notre témoin raconte :
"J’ai fait un mini malaise à une étape à peu près au milieu de la course. Je me suis senti pas bien, les papillons alors qu’il y avait pas de papillon."
La solution ? Une recharge glucidique express, avec des électrolytes et des apports riches en glucides. Les trois jours précédant la compétition, le menu s’est adapté : riz, pâtes complètes, sans bouleverser le reste de l’alimentation. Les protéines restent au centre : œufs le matin, tofu, protéines de soja texturées ou seitan dans la journée, parfois un shaker de protéines végétales pour compléter.
Ce genre d’ajustement illustre l’importance de l’équilibre alimentaire sportif : écouter son corps, adapter ses apports, et accepter que la perfection n’existe pas.
Petits craquages et réalités du quotidien
Dans la vraie vie, entre le boulot, les entraînements et la fatigue, qui a vraiment le temps de préparer des recettes végétaliennes sportifs maison tous les jours ? Les barres protéinées prêtes à l’emploi deviennent parfois des alliées, même si l’idéal serait de tout faire soi-même. Mais là encore, il s’agit de trouver un équilibre entre idéalisme et réalité.
Un snack industriel n’efface pas des mois d’efforts.
Un repas moins équilibré n’annule pas la progression.
Un jour sans sport ne remet pas tout en question.
L’essentiel reste d’avancer, d’apprendre de ses craquages, et de savourer chaque moment de plaisir, sur le terrain comme à table.
Transition et société : entre idées reçues, barbecue et lobby viande (obstacles et inspiration collective)
Découverte (et galères) des protéines de soja texturé (PST) : ultra-pratiques, mais pas magiques au goût
Dans le monde du sport et du végétarisme, la transition alimentaire n’est jamais un long fleuve tranquille. Pour beaucoup, le premier réflexe, c’est de chercher une alternative aux protéines animales. C’est là que les protéines de soja texturé (PST) entrent en scène. Pratiques, économiques, pauvres en lipides et riches en protéines, elles semblent être la solution miracle pour les sportifs en quête de performance sans viande. Mais la réalité est plus nuancée : “Les protéines de soja texturé, ça n’a pas trop de goût… J’ai presque envie de les manger en kellox”, plaisante une coach en pleine transition.
Pourtant, leur polyvalence séduit. On les cuisine en sauce, en chili, ou même “mangées sèches, comme des chips” pour les plus audacieux. L’astuce, c’est de jouer sur les épices et les marinades, car la texture, elle, fait le job. Les PST deviennent vite un allié clé dans le régime végan sportif, surtout pour ceux qui surveillent leur apport en lipides : “J’étais souvent un peu trop haute en lipides… il faut pas quand tu es sportif.”
Ajuster son alimentation : tofu, sétan, barres énergétiques et la saga du beurre de cacahuète
Changer ses habitudes, c’est aussi explorer d’autres alternatives végétales pour sportifs. Le tofu reste un classique, mais attention à sa teneur en lipides, surtout si on craque pour l’avocat ou le beurre de cacahuète en plus. Le sétan, lui, fait l’unanimité :
“Le sétan c'est hyper validé. On est trop content avec son copain. Elle m'a dit vraiment le goût est génial.”
Pour les en-cas, la tendance est aux barres protéinées (Cliff, Nutri), pratiques pour les sportifs pressés. Mais la créativité maison n’est jamais loin : une recette express fait sensation dans les vestiaires – dates fourrées au beurre de cacahuète et chocolat, à congeler pour un effet “snickers végan” bluffant.
“Tu les mets au congèle et après tu les sors un petit peu avant et c’est frais. On dirait un sneakers, un truc sneakers végan. Du coup, c’est incroyable.”
Échanges avec des coachs véganes et diététiciennes : ajustements, ouverture et inspiration collective
L’entourage professionnel joue un rôle clé dans cette transition. Choisir un coach végane comme Amori, champion de France de judo vétéran, c’est s’assurer d’être compris sans devoir se justifier. “J’ai voulu que ça soit Amori qui me coach, que ce soit sur le plan physique ou sur l’alimentaire… j’avais pas besoin de me justifier ou quoi ou entendre des pensées non fondées.”
Mais tout le monde n’a pas cette chance. Avec une diététicienne spécialisée en performance mais pas en alimentation végétale, il faut parfois expérimenter ensemble et s’échanger les astuces. “Je pense que je lui ai appris quand même quelques trucs, notamment les PST.” L’ouverture d’esprit et la curiosité restent les meilleurs alliés pour ajuster son régime végan sportif et optimiser la performance avec des protéines végétales.
Mini-débat : ultra-transformés ou cuisine rapide maison ?
Face à la tentation des produits ultra-transformés du supermarché, la question se pose : où placer le curseur ? Les alternatives végétales pour sportifs sont de plus en plus nombreuses, mais toutes ne se valent pas. “Elle achète des trucs en supermarché ultra transformé, tu vois. Je lui dis ‘Bah ouais, mais c’est hyper riche en lipides, elle fait beaucoup de sport’.”
La solution ? Mixer les deux mondes : miser sur des recettes végétaliennes pour sportifs simples, rapides et maison, tout en gardant quelques snacks pratiques sous la main. L’essentiel, c’est de rester créatif, d’oser tester, et surtout de partager ses découvertes pour inspirer les autres à franchir le pas, barbecue ou pas.
Transition et société : entre idées reçues, barbecue et lobby viande (obstacles et inspiration collective)
La transition vers le véganisme, surtout quand on pratique un sport, reste un parcours semé d’obstacles sociaux et de clichés persistants. Pour beaucoup, l’idée d’arrêter la viande rime encore avec perte de performance, car la croyance populaire veut que « sans steak, pas de muscles ». Alexia, sportive engagée dans la réduction de sa consommation de viande, en fait régulièrement l’expérience : « Ouais, Alexia, franchement tu es sûre parce que tu vas perdre en perf si tu arrêtes de manger de la viande là. » Ces remarques, elle les entend encore, preuve que l’influence des lobbys de la viande et des traditions pèse lourd sur l’imaginaire collectif.
Le regard des autres, souvent teinté d’incompréhension ou de blagues sur le « manque de perf », accompagne chaque étape de la transition vers le véganisme. Les repas familiaux et les barbecues estivaux deviennent alors des terrains de négociation, où la saucisse végane et le tupperware de légumes grillés font figure de résistance joyeuse. « Le barbuck cet été ? Bah non, franchement, comment c’est possible ? » entend-on. Pourtant, la créativité culinaire et l’offre croissante de produits végétaux permettent aujourd’hui de réinventer ces moments conviviaux sans rien sacrifier au plaisir ou à la convivialité. Les merguez et saucisses végétales bluffent même les plus sceptiques, et il n’est pas rare de voir des proches surpris par la saveur et la texture de ces alternatives.
Mais au-delà des anecdotes de barbecue, c’est l’exemple vivant de figures emblématiques du véganisme sportif qui fait évoluer les mentalités. Angéli Berva, championne française et mondiale de force, végane depuis l’âge de 16 ans, incarne cette nouvelle génération d’athlètes qui prouvent que l’on peut être « 100 % clean et 100 % fort ». Capable de tirer des bus et de battre des records, elle déconstruit, par sa simple existence, le mythe du sportif affaibli par l’alimentation végétale. À ses côtés, Patrick Baboumian, l’un des hommes les plus forts du monde, végane et militant, inspire des milliers de personnes à travers l’Europe. Leur visibilité, amplifiée par des documentaires comme Game Changers, contribue à faire reculer le tabou et à encourager la transition vers le véganisme, même chez les sportifs de haut niveau.
Cette tendance de fond se traduit aussi par l’essor du flexitarisme et la multiplication des sportifs végés, en France comme ailleurs. Les mentalités évoluent, les tabous s’assouplissent, et la pédagogie par l’exemple devient un levier puissant. « C’est incroyable quand tu enlèves toutes ces toxines alimentaires de ton corps, combien ton corps il va mieux. » Ce témoignage, partagé par de nombreux sportifs, résonne avec la prise de conscience écologique grandissante. Car au-delà de la santé individuelle, l’impact environnemental de l’alimentation pèse lourd dans la balance : aujourd’hui, 97 % du soja mondial est destiné à l’alimentation animale, moins de 10 % à l’humain. Quand les températures de canicule atteignent les 40°C, il devient difficile d’ignorer l’urgence de réduire la consommation de viande pour préserver la planète.
Pourtant, les lobbys de la viande continuent de freiner cette évolution, en entretenant la désinformation et en perpétuant des habitudes transmises dès l’enfance. À l’école, à la maison, la viande reste synonyme de force et de tradition. Mais la vérité, portée par des exemples vivants et des chiffres accablants, finit toujours par émerger.
La vérité finit toujours par remonter à la surface grâce à des personnes comme Angéli Berva.
Le changement est lent, mais il est en marche, porté par une inspiration collective et la volonté de faire mieux, pour soi et pour le monde.
En conclusion, la transition vers le véganisme sportif n’est pas parfaite, mais elle est performante. Elle se construit chaque jour, entre obstacles sociaux, pressions des lobbys et inspiration collective. Les modèles, les chiffres et la réalité écologique invitent à repenser nos assiettes, à dépasser les idées reçues et à oser, ensemble, une nouvelle façon de performer – pour soi, pour les autres, et pour la planète.
