Il paraît qu’on ne court jamais juste pour fuir ses problèmes – parfois, on court vers son destin en baskets crottées, une banane végétale dans la main et le cœur plein de doutes. Je n’aurais jamais cru dire ça mais, pour moi, course à pied rime désormais avec veganisme et militantisme. Et tout ça a commencé un jour de pluie en Bretagne, dans un de ces coins trop beaux pour être reconnus sur Instagram (heureusement !). Laissez-moi vous embarquer dans cette drôle de course…
De la perte d’un proche à la révélation : pourquoi courir, pourquoi végane ?
Il y a des moments où la vie bascule, où tout ce qu’on croyait solide s’effondre d’un coup. Pour moi, ce point de rupture, c’était en 2019, l’année où j’ai perdu mon père. Ce deuil, brutal, a tout bouleversé. J’ai ressenti le besoin vital de changer, de me reconstruire autrement. C’est là que la course à pied et le Vegan Diet sont entrés dans ma vie, presque main dans la main, comme deux réponses à une même urgence intérieure.
Avant ça, j’avais déjà amorcé une transition vers une alimentation plus respectueuse de mes valeurs. En 2018, j’étais devenue végétarienne, mais il me manquait encore un pas décisif. Ce pas, je l’ai franchi en quatre mois, portée par le choc d’un documentaire de L214. Voir la réalité de la souffrance animale, c’était insoutenable. Je ne pouvais plus détourner les yeux. Tout a changé, ma vision de la vie a changé. Je ne peux plus redevenir telle qu’avant.
Courir pour guérir : la course à pied comme thérapie
La douleur du deuil, je l’ai d’abord portée comme un poids. Puis, un matin, j’ai enfilé mes baskets. J’ai couru, sans objectif précis, juste pour respirer, pour laisser couler les larmes et la colère. Rapidement, la course à pied est devenue mon exutoire, mon espace de liberté. Chaque foulée m’éloignait un peu du chagrin, me rapprochait d’une version de moi plus forte, plus vivante.
Au début, je me contentais de petites distances. Je n’avais jamais été une grande sportive, et l’idée même de courir un marathon me semblait folle. Mais, petit à petit, j’ai eu envie de repousser mes limites. Pourquoi ne pas tenter un ultra-trail ? L’idée me terrifiait, mais elle m’attirait irrésistiblement. C’était un défi immense, une façon de prouver – d’abord à moi-même – que j’étais capable de renaître de mes cendres.
Changer d’alimentation, changer de vie
En parallèle, ma transition vers une alimentation 100% végane s’est imposée comme une évidence. J’étais déjà sensible à la cause animale depuis l’enfance. J’avais même tenté, deux fois, de devenir végétarienne quand j’étais petite. Mais dans ma famille, ce n’était pas compris. On mangeait ce qu’il y avait sur la table, et c’était souvent de la viande. Ce conditionnement social, cette norme omniprésente, m’a longtemps freinée.
Le déclic, c’est vraiment le documentaire de L214. Impossible de revenir en arrière après ça. En quatre mois, j’ai éliminé les produits laitiers, les œufs, tout ce qui ne collait plus à mes valeurs. Ce n’était pas toujours simple, surtout face à l’incompréhension autour de moi. Mais je savais pourquoi je le faisais. Pour les animaux, pour la planète, pour moi aussi.
Tout a changé, ma vision de la vie a changé.
Je ne peux plus redevenir telle qu’avant.
Vegan Diet et performance sportive : un duo inattendu
Quand j’ai commencé à courir sérieusement, j’entendais souvent que le Vegan Diet n’était pas compatible avec la performance sportive. Pourtant, plus je m’entraînais, plus je constatais l’inverse. Mon énergie était au rendez-vous, ma récupération plus rapide. Les aliments d’origine végétale sont naturellement riches en glucides, pauvres en graisses saturées, et bourrés de vitamines et minéraux. Des études montrent que ce type d’alimentation peut améliorer la santé cardiaque et la récupération après l’effort. Les vegan athletes bénéficient souvent d’une meilleure gestion du poids, d’une réduction du stress oxydatif grâce aux antioxydants, et d’une immunité renforcée.
Bien sûr, il faut être vigilant : surveiller la vitamine B12, le fer, le calcium. Mais avec un peu de planification, tout est possible. Et puis, il y a cette fierté discrète, ce sentiment de cohérence profonde. Courir loin, courir longtemps, en étant alignée avec mes valeurs. Prouver, à moi-même d’abord, qu’on peut être athlète, végane, et heureuse.
Aujourd’hui, je me prépare à mon premier ultra-trail de 66,5 kilomètres. J’ai peur, oui. Mais j’ai surtout hâte de voir jusqu’où cette nouvelle version de moi peut aller. Parce que, finalement, tout a changé. Et je sais que je ne pourrai plus jamais revenir en arrière.

Athlète végane : résister aux clichés et booster sa récupération
Quand on parle de Vegan Athlete Nutrition dans l’Endurance Sports, on imagine souvent des contraintes, des manques, des sacrifices. Pourtant, mon expérience d’athlète végane, surtout sur les longues distances, a complètement bousculé ces idées reçues. Je ne compte plus les fois où, sur un ultra-trail, j’ai entendu : « Mais tu manges quoi alors ? » ou « Tu dois manquer de force, non ? ». La réalité, c’est tout l’inverse.
Ravitaillements non adaptés : apprendre à tout prévoir… même les chips pour le sel !
Sur les parcours bretons, avec leurs 1200 à 2000m de D+, la gestion du ravitaillement devient un vrai casse-tête pour un·e sportif·ve végane. Les tables débordent de fromages, saucissons, soupes mystérieuses… et moi, je me retrouve à fouiller pour une banane, quelques fruits secs, ou, dans le meilleur des cas, des chips (oui, pour le sel !).
C’est là que l’organisation prend tout son sens. Je prévois tout : barres maison, compotes, gels végans, et même des petits sachets de noix. On apprend vite à ne rien laisser au hasard. Mais ce n’est pas toujours parfait. Parfois, il faut improviser, accepter de faire avec ce qu’on trouve, et garder le sourire.
« Des fois on est fatigué, on a froid, on a chaud, on a faim… il faut être entouré. » Cette phrase résonne fort dans ma tête à chaque coup de mou.
La récupération plus rapide : un corps et un esprit mieux connectés grâce à l’alimentation végétale
Ce qui me surprend le plus depuis que j’ai adopté une alimentation 100% végétale, c’est la vitesse à laquelle je récupère. Après 66,5 km de trail, je m’attendais à être brisée pendant des jours. Mais non. Mon corps encaisse mieux, les courbatures sont moins violentes, et le mental reste plus clair.
Je n’ai jamais été aussi en forme que depuis que j’ai adopté un régime végan.
Les études le confirment : les Plant-Based Foods sont riches en antioxydants, ce qui aide à réduire le stress oxydatif et favorise une Athletic Recovery plus rapide. En plus, une alimentation végane tend à favoriser une masse corporelle plus maigre, un vrai atout pour les sports d’endurance. Et ce n’est pas tout : la fonction immunitaire est boostée, ce qui veut dire moins de jours d’entraînement perdus à cause des petits bobos ou des rhumes.
Bien sûr, il faut rester vigilant·e sur certains apports (B12, fer, zinc, calcium…), mais avec un peu de planification, tout roule. Et franchement, sentir son corps et son esprit mieux connectés, c’est un vrai cadeau.
La solitude de l’ultra-trail et mes astuces imparfaites : le téléphone comme joker
Courir loin, c’est aussi courir seul·e. Sur un ultra, il y a des moments où le mental vacille. On cogite, on doute, on se demande pourquoi on s’inflige ça. Parfois, physiquement ça va, mais la tête lâche. Et là, j’ai mon joker : le téléphone. Oui, je n’hésite pas à appeler un proche, même en pleine course. Juste entendre une voix familière, recevoir un mot d’encouragement, ça peut tout changer.
Il m’arrive aussi de chercher des partenaires de route, même pour cinq minutes. Parler, échanger, ça remet un coup de boost. Mais parfois, il n’y a que soi-même et la nature. Alors on marche, on respire, on se reconnecte. D’ailleurs, contrairement aux images idéalisées (merci Kilian Jornet et ses 4 min/km en montée !), la réalité de l’ultra, c’est beaucoup de marche, surtout dans les dénivelés. Et ce n’est pas grave. L’endurance, c’est aussi savoir ralentir, écouter son corps, accepter l’imperfection.
Au final, être athlète végane, c’est apprendre à résister aux clichés, à s’adapter, à s’entourer, et à booster sa récupération grâce à une alimentation végétale intelligente. Les ultra-trails m’ont appris que la performance ne se limite pas à la vitesse ou à la force brute, mais à la capacité de s’écouter, de s’organiser, et de trouver du soutien, même au bout du fil.
Vivre, militer et respirer véganisme en Bretagne... malgré tout !
Vivre en Bretagne, c’est un peu comme courir sur un sentier côtier balayé par le vent : parfois grisant, parfois rude, mais toujours authentique. Cela fait quinze ans que j’ai posé mes valises dans les Côtes d’Armor, loin de la ville, au cœur d’une campagne où les élevages industriels côtoient des paysages à couper le souffle. Ici, la nature est omniprésente, mais elle porte aussi les cicatrices d’une industrie agroalimentaire qui façonne la région. « C’est une région magnifique mais colonisée par les industries… » Cette phrase résonne souvent dans ma tête, surtout quand je longe les plages marquées par les algues vertes ou que je traverse les vallées où l’odeur des élevages de porcs flotte dans l’air.
Pourtant, c’est ici que j’ai trouvé mon équilibre, entourée de mes animaux adoptés – six chats, un chien – tous recueillis au fil des années. Leur liberté, leur capacité à s’adapter à la vie rurale, c’est un peu le reflet de mon propre cheminement. J’ai appris à leur laisser de l’espace, à respecter leur rythme, à les voir s’épanouir dans un environnement où chacun trouve sa place. En Bretagne, même les chats semblent choisir leur famille, attirés par une gamelle, une caresse, ou simplement l’envie de rester. Ce quotidien partagé avec eux nourrit mon engagement pour le vivant, bien au-delà de ma propre assiette.
Le choix d’une Vegan Diet n’a pas été qu’une affaire de nutrition. Bien sûr, les bénéfices sur la santé sont indéniables : les études montrent que les régimes végétariens et véganes réduisent les risques de maladies chroniques comme l’obésité ou les problèmes cardiovasculaires. Mais pour moi, c’est surtout une question de cohérence. Refuser de consommer des produits animaux, c’est aussi refuser d’en porter, de les acheter, de les cautionner. C’est un engagement global, un mode de vie qui s’étend à chaque choix du quotidien.
Et puis, il y a la course. La Bretagne, ce n’est pas la Haute-Savoie, mais ses sentiers sont un terrain de jeu incroyable pour l’endurance. Forêt de Brocéliande, lac de Guerlédan, monts d’Arrée, GR34… Ici, chaque sortie est une aventure, un laboratoire d’expérimentation pour mon corps et mon mental. Je me souviens du jour où j’ai compris que mon alimentation Plant-Based Diet était devenue ma force. Jamais je n’avais ressenti autant d’énergie, autant de capacité de récupération. Les recherches confirment que les régimes végétaux, riches en fibres et pauvres en calories, sont particulièrement adaptés aux sports d’endurance. Mon corps récupère plus vite, mon esprit se sent libre, et je ne pourrais plus me passer de cette connexion à la nature.
Mais vivre ici, c’est aussi faire face à la réalité : la Bretagne reste un bastion de l’élevage industriel. Parfois, courir signifie longer des exploitations, sentir le poids de cette industrie sur le paysage et sur les consciences. Ce n’est pas facile. C’est même douloureux, parfois. Mais c’est aussi ce qui a nourri mon militantisme animalier. En 2020, deux ans après être devenue végane, j’ai ressenti le besoin d’aller plus loin, de « militer, c’est aller au-devant des gens, agir concrètement pour les animaux. » Rennes, la grande ville la plus proche, est devenue le théâtre de mes actions collectives, mais le vrai combat se joue ici, au quotidien, dans chaque discussion, chaque regard échangé avec mes voisins.
Le militantisme, pour moi, c’est la suite logique de la prise de conscience. On commence par changer son alimentation, puis on réalise que ce n’est pas suffisant. Il faut incarner le changement, le porter dans ses choix, ses actes, ses paroles. Ce n’est pas toujours simple, surtout dans une région où l’agriculture intensive est reine. Mais c’est aussi ce qui rend l’engagement plus fort, plus nécessaire.
Finalement, vivre, militer et respirer le véganisme en Bretagne, c’est chercher l’équilibre entre l’amour de la nature, la passion du sport d’endurance, et la volonté de défendre les animaux. C’est accepter les contradictions, les difficultés, mais aussi savourer chaque victoire, chaque moment de liberté partagée avec mes compagnons à poils. Et si la Bretagne n’est pas parfaite, elle reste ce laboratoire vivant où chaque pas compte, où chaque geste militant a le pouvoir de semer une graine de changement.