Il y a des histoires qui naissent d’un virage inattendu. Celle de cette athlète bretonne commence avec un choc personnel, se poursuit dans la forêt de Brocéliande, et finit sur une ligne d’arrivée… mais jamais sur une ligne d’arrêt. Entre soixante-six kilomètres de trail, un mode de vie résolument végan, et la volonté de changer les mentalités, son chemin bouscule les clichés. Ici, pas de recette miracle, juste du vécu, quelques doutes (parfois sur le ravito !) et beaucoup d’énergie. Après tout, qui aurait cru qu’un deuil, quelques vidéos marquantes et des sentiers bretons vallonnés suffiraient à tricoter une nouvelle identité ? Ce récit n’est pas une leçon, c’est une invitation à sortir courir… et à changer, un pas à la fois.
1. Vegan et ultra-trailer : énergie, récupération et confiance décuplées
Adopter le régime végétalien, c’est bien plus qu’un simple changement alimentaire. Pour de nombreux sportifs, et notamment chez cette athlète bretonne, il s’agit d’une transformation profonde du corps et de l’esprit. En 2019, un événement marquant – la perte d’un parent – a provoqué un déclic. Le choix du véganisme s’est imposé comme une évidence, bouleversant la vision de la vie et insufflant une nouvelle énergie. Cette transition, amorcée en seulement quatre mois, a été le point de départ d’une aventure humaine et sportive hors du commun.
Une adaptation rapide et des bienfaits immédiats
Dès les premières semaines, les effets positifs du régime végan sur la performance et la récupération se sont fait sentir. L’athlète témoigne :
« Je trouve que j’ai jamais été aussi en forme que j’ai adopté un régime végan… j’ai de l’énergie, j’ai une faculté de récupération qui est rapide. »Ce regain d’énergie durable, cette sensation de légèreté et cette capacité à enchaîner les séances d’entraînement intensif sans fatigue excessive sont devenus des atouts majeurs.
La recherche confirme ces observations : un régime végan bien construit soutient la performance et la récupération chez l’athlète d’endurance. Les glucides complexes issus des végétaux, associés à une bonne gestion des apports en protéines et micronutriments, favorisent une meilleure digestion et une énergie stable. De nombreux sportifs de haut niveau, comme Kendrick Farris ou Alex Morgan, ont prouvé que l’ultra-trail alimentation végétalienne n’est pas un frein à la performance, bien au contraire.
Le sport comme thérapie et résilience
Pour cette ultra-traileuse, la course à pied n’est pas qu’une question de performance. C’est aussi un moyen de se reconstruire, de retrouver un équilibre après un deuil. Le sport s’est imposé comme une thérapie, une routine nécessaire pour le corps et l’esprit.
Courir en pleine nature, sur les sentiers vallonnés de Bretagne – de la forêt de Brocéliande au lac de Guerlédan, en passant par les Monts d’Arrée ou le GR34 – devient un acte de connexion profonde avec l’environnement. Cette immersion dans la nature nourrit le bien-être mental et renforce la motivation, en particulier quand chaque foulée s’inscrit dans une démarche militante pour la cause animale.
Déconstruire les préjugés sur les sportifs véganes
L’un des plus grands défis reste de déconstruire les idées reçues sur les capacités physiques des sportifs véganes. Beaucoup pensent encore qu’une alimentation végétalienne ne permet pas de soutenir des efforts extrêmes, comme un ultra-trail de 66,5 km avec 2 000 m de dénivelé positif. Pourtant, l’expérience de cette athlète bretonne prouve le contraire.
Elle explique que la clé réside dans la connaissance nutritionnelle et l’accompagnement progressif. L’efficacité de l’alimentation végétalienne dépend d’une bonne planification, en veillant à l’apport suffisant en protéines, acides aminés essentiels, fer, vitamine B12 et oméga-3. Les stratégies de ravitaillement végan en compétition sont aujourd’hui bien établies et permettent de répondre aux besoins spécifiques des sports d’endurance.
Les exemples d’athlètes performants se multiplient, contribuant à faire évoluer les mentalités. La motivation, la résilience et l’engagement militant deviennent alors des leviers puissants pour aller au bout de ses défis, tout en restant fidèle à ses valeurs.
Courir en Bretagne : un terrain d’aventure et d’inspiration
L’entraînement trail en Bretagne offre un cadre idéal pour repousser ses limites. Les reliefs, les sentiers côtiers et la diversité des paysages permettent de varier les plaisirs et de se préparer efficacement aux courses longues distances. Loin des clichés sur la montagne, la Bretagne s’affirme comme un terrain d’aventure à part entière, où la performance et l’alimentation végétale font bon ménage.
- 2019 : transition vers l’alimentation 100 % végétale
- 4 mois de passage du végétarisme au véganisme
- Course de 66,5 km en ultra-trail avec 2 000 m de D+ prévue
En somme, l’expérience de cette athlète bretonne illustre avec force les bienfaits du régime végan sur la santé, la performance et la récupération. Son parcours montre qu’avec détermination et accompagnement, tout est possible, même les défis les plus fous.
2. De la prise de conscience à l’action : Pourquoi militer change aussi la pratique sportive
Le militantisme pour la cause animale ne naît pas du jour au lendemain. Pour de nombreux sportifs, la transition vers le véganisme commence d’abord par une prise de conscience personnelle, souvent motivée par la santé, l’éthique ou l’environnement. Mais très vite, ce choix dépasse la sphère individuelle. C’est le cas de cette athlète bretonne, installée en pleine campagne des Côtes d’Armor, où l’élevage intensif façonne le paysage autant que les mentalités.
Devenir végane pour soi… et pour les autres
La décision de devenir végane s’est imposée à elle en 2019, après quelques mois de réflexion et une transition rapide du végétarisme. Mais, comme elle le confie, ce changement alimentaire n’était qu’une première étape. Rapidement, le besoin d’agir concrètement pour les animaux s’est fait sentir. « Pour moi militer, c’est aller au-devant des gens, les sensibiliser, agir concrètement pour les animaux. » Ce passage de la prise de conscience à l’action s’inscrit dans une volonté de cohérence entre ses valeurs, sa pratique sportive et son mode de vie.
Il ne s’agit plus seulement de ce que l’on met dans son assiette, mais de l’ensemble de ses choix quotidiens : vêtements, produits de consommation, engagements publics. Ce cheminement, partagé par de nombreux sportifs véganes, s’appuie sur une conviction profonde : la sensibilisation à l’exploitation animale ne peut se limiter à une démarche privée. Elle doit s’incarner dans l’espace public, et parfois, sur le terrain, au sens propre comme au figuré.
Le rôle du militantisme et des associations L214 & One Voice
L’engagement militant s’est concrétisé en 2022, avec le soutien d’associations de défense des animaux telles que L214 et One Voice. Ces structures jouent un rôle clé dans la sensibilisation à l’exploitation animale, en proposant des actions de terrain, des campagnes d’information et un accompagnement pour celles et ceux qui souhaitent s’engager. Pour cette athlète, militer est devenu un levier essentiel pour faire évoluer le rapport homme/animal, en particulier dans une région où l’élevage industriel reste omniprésent.
Les associations de défense des animaux offrent aussi un espace de partage et de soutien, précieux face aux préjugés sur le véganisme dans le sport et la vie rurale. Elles permettent d’incarner une cohérence de vie, où la pratique sportive, l’alimentation et les convictions éthiques se rejoignent. Comme le montrent de nombreux exemples, des sportifs de haut niveau s’engagent publiquement pour la cause animale, portés par leurs valeurs environnementales et éthiques. Research shows que le militantisme permet de dépasser le simple cadre alimentaire pour défendre une vision globale du respect du vivant.
Militer en pleine campagne : résistance et cohérence
Vivre et militer dans les Côtes d’Armor, c’est aussi composer avec un territoire marqué par l’élevage intensif. Ici, le regard des autres pèse lourd. Les préjugés sur le véganisme et la pratique sportive sont tenaces. « Il y a plus d’élevages de cochons que d’habitants », plaisante-t-elle, non sans une pointe d’amertume. Les paysages magnifiques de la Bretagne sont parfois ternis par la pollution liée à l’agriculture industrielle, comme en témoignent les algues vertes sur les plages.
Dans ce contexte, militer pour la cause animale prend une dimension particulière. Il s’agit d’affirmer ses convictions au cœur même d’un territoire où l’élevage fait partie de l’identité locale. Cela demande de la résilience, mais aussi une capacité à dialoguer, à sensibiliser sans juger, à incarner une alternative crédible et respectueuse. Studies indicate que de nombreux sportifs véganes trouvent dans cet engagement une source de motivation supplémentaire, renforçant leur cohérence de vie et leur détermination sur le terrain.
Vie rurale, animaux adoptés et harmonie retrouvée
Loin de la ville, la vie s’organise autour d’une maison entre rivière et collines, partagée avec un chien adopté via une association et six chats, tous recueillis ou venus d’eux-mêmes chercher refuge. Ici, chaque animal a trouvé sa place, libre de circuler, de s’exprimer, de vivre selon ses besoins. Cette relation quotidienne avec les animaux de compagnie nourrit le lien entre engagement personnel et militantisme pour la cause animale.
Ce choix de vie, en harmonie avec la nature et les animaux, illustre la cohérence recherchée par de nombreux véganes sportifs. Il démontre que la sensibilisation à l’exploitation animale et l’implication dans les associations de défense des animaux ne sont pas incompatibles avec une vie active, sportive et engagée. Au contraire, elles s’enrichissent mutuellement, donnant du sens à chaque foulée, chaque action, chaque choix du quotidien.
3. Ravitaillement, galères et astuces de compète : courir végane, un défi logistique (et humain !)
Participer à un ultra-trail en Bretagne, c’est déjà un défi physique et mental. Mais pour les athlètes véganes, la compétition prend une dimension supplémentaire : celle du ravitaillement végan en compétition. Sur les sentiers, la question de la nutrition sportive végétalienne devient centrale, car les ravitos officiels sont rarement adaptés à ce mode de vie. Fromage, saucisson, soupes à la composition incertaine… Les options sans produits animaux se résument souvent à quelques fruits, des jus ou, parfois, des chips. Cela oblige les coureurs véganes à anticiper chaque détail, à préparer leurs propres encas, et à organiser leur sac avec une rigueur quasi militaire.
La stratégie d’autonomie alimentaire n’est pas un simple choix, mais une nécessité. Comme le souligne la recherche, les stratégies d’autonomie sont essentielles pour les compétiteurs véganes en ultra-trail. Il s’agit de trouver des sources fiables de protéines végétales pour le sport, de miser sur des glucides à assimilation rapide, et de veiller à l’équilibre des apports tout au long de la course. Beaucoup d’athlètes, inspirés par des figures comme Kendrick Farris ou Alex Morgan, prouvent qu’une nutrition sportive végétalienne peut soutenir la performance, à condition d’être bien planifiée. Mais sur le terrain, la réalité est souvent plus complexe qu’en théorie.
L’ultra-trail, ce n’est pas seulement courir sans s’arrêter. C’est aussi marcher, parfois longtemps, surtout dans les montées ou quand la fatigue s’installe. Cette marche, loin d’être un aveu de faiblesse, devient un « sport d’équipe » inattendu. On discute avec d’autres coureurs, on partage un moment, on se change les idées. Parfois, cinq minutes de conversation suffisent à recharger les batteries mentales. La solitude, omniprésente sur les longues distances, se fait alors moins lourde. Mais il arrive aussi que le besoin de soutien moral soit plus fort, que la fatigue mentale prenne le dessus sur la volonté.
C’est là que le téléphone portable devient le joker d’urgence. Dans les moments de doute, un simple appel peut tout changer. « Souvent, quand j’ai ces moments-là, j’appelle des personnes qui vont me booster, qui vont me permettre d’avancer… » confie l’athlète bretonne. Ce recours à l’appel « joker » n’est pas anodin : il témoigne de l’importance du soutien social dans la motivation et la résilience sportives. Les proches, même à distance, jouent un rôle clé dans la réussite. Ils encouragent, rassurent, rappellent pourquoi on s’est lancé dans cette aventure. Ce soutien moral est parfois aussi vital que l’alimentation elle-même.
Pourtant, malgré toutes les précautions, il subsiste une forte disparité dans l’offre de ravitaillement selon les courses. Certains événements proposent encore majoritairement des produits animaux, forçant les sportifs véganes à une vigilance constante. Il faut tout prévoir : barres protéinées maison, fruits secs, purées énergétiques, gels adaptés, voire des plats complets à consommer sur le pouce. Cette préparation demande du temps, de l’organisation, et une connaissance fine de ses besoins. Mais c’est aussi une façon de s’approprier sa course, de ne rien laisser au hasard.
Au fil des kilomètres, la gestion de la nutrition sportive végétalienne devient un véritable art de vivre. Il ne s’agit pas seulement de tenir physiquement, mais de rester aligné avec ses valeurs, de prouver que performance et éthique peuvent coexister. Les préjugés persistent, mais les exemples d’athlètes performants contribuent à déconstruire les idées reçues. La motivation et la résilience sportives, bien plus que la simple préparation physique, font la différence dans l’épreuve.
Courir végane en ultra-trail, c’est donc accepter les galères, les imprévus, mais aussi découvrir des ressources insoupçonnées. C’est apprendre à demander de l’aide, à s’appuyer sur les autres, à transformer chaque difficulté en opportunité de grandir. Finalement, le ravitaillement végan en compétition n’est pas qu’une question de logistique : c’est une aventure humaine, où chaque pas, chaque appel, chaque encas préparé avec soin devient une victoire sur soi-même et sur les limites imposées par le monde extérieur.
